Banksy au collège : rêve ou réalité ?

Banksy est un artiste britannique né en 1974, dont l’identité est cachée. Il aime faire passer des idées à travers ses grands tableaux muraux. Il défend par exemple la liberté des graffeurs, la paix et les droits de l’homme.

Après avoir lu Des Livres et moi, de Mathieu Radenac, proposé par le Prix Ravinala, nous avons eu l’idée de nous informer sur l’art urbain. Les œuvres de Banksy, pleines de messages, nous ont particulièrement plu et nous avons eu l’idée de l’inviter au collège.

A la suite de l’approbation du Principal, nous nous sommes précipités pour écrire une lettre parfaite. Plus qu’à trouver l’adresse e-mail du grand Banksy et à attendre. Une semaine plus tard, un e-mail a été envoyé au collège. Notre classe l’a lu avidement, c’était merveilleux, le graffeur avait accepté. Personne ne pouvait rester en place. Nous avons alors commencé à préparer l’accueil de Banksy.

L’artiste est arrivé à Isaha dans une voiture bariolée. Il a marché vers le portail, tout le monde le saluait en faisant des signes et en lui souhaitant la bienvenue. Avant de franchir la porte du collège, il a été attiré par les carrés peints au mur1.

Banksy a remarqué tout d’abord le symbole du Tao, le yin noir et le yang blanc, qui se complètent. Il l’a fixé longuement. Nous avons compris alors qu’il voulait en savoir plus.

  • Dans notre école, a expliqué Chanaelle, il y a beaucoup de personnes de différentes couleurs de peau, d’origines ou de religions diverses.
  • On a voulu suggérer, ont continué Adriana et Alizée, que peu importe le physique, le lieu de naissance ou la culture, nous sommes tous égaux…

  • … et nous avons tous les mêmes droits, a interrompu Ernellia.

  • Ah, très intéressant ! s’est exclamé Banksy. C’est beau !

Il a fait quelques pas.

  • Mais pourquoi avoir peint cette vache ? s’est-il étonné.

  • Pardon, c’est un zébu, a rectifié Junior.

  • Le zébu est sacré pour les Malgaches, a précisé Sylvano.

  • Il représente la force et la puissance, a ajouté Junior.

  • Il faut le respecter. Parfois, il est tué dans d’atroces souffrances. S’il faut qu’il périsse, agissons au moins avec le plus de délicatesse possible, a protesté Kenny.

  • Je suis tout à fait d’accord avec toi, a répondu notre invité.

D’un œil surpris, le graffeur s’est tourné alors vers une autre œuvre, qui montre une chaussure bleue sur fond blanc.

– A Madagascar, on suit les modes comme dans les pays étrangers, mais on invente aussi nos propres modes comme celle des kiraniles, sandales en plastiques portées initialement par les paysans, puis par la plupart des Malgaches. Par exemple, nos camarades de 3ème de l’année dernière ont suivi cette mode.

  • C’est bien de ne pas se conduire comme des moutons, a approuvé l’artiste contestataire.

Banksy a aimé notre imagination et l’idée que dans chaque carré de peinture, il y ait un message. Nous n’avons malheureusement pas de selfie à vous montrer avec lui, car il a tenu à rester anonyme !

La classe de 5ème B

1Peinture murale réalisée par les internes en 2017 avec le professeur d’Arts plastiques, Mme Aina Rajaona

Une pensée sur “Banksy au collège : rêve ou réalité ?

  • 13 avril 2018 à 19 h 05 min
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    Belle rencontre et privilège extraordinaire que de partager ses oeuvres avec un tel artiste!

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